Archives du mot-clé liberté d’expression

A propos de « Dessiner pour la paix »

Le prix 
http://www.cartooningforpeace.org/?lang=fr

L’association française « Cartooning for Peace », créée en 2008, organise de nombreuses expositions de dessins de presse et facilite la rencontre de caricaturistes professionnels de toutes les nationalités avec un large public afin de valoriser les échanges sur la liberté d’expression ainsi que la reconnaissance du travail journalistique des dessinateurs de presse. Elle développe également des supports pédagogiques autour du dessin de presse et met à disposition des établissements scolaires des jeux d’expositions itinérantes.

Ces expositions sont un point d’appui pour parler de la liberté d’expression dans le cadre de l’EMI. Elles peuvent être exploitées dans un parcours pédagogique de plusieurs manières :
Compréhension des stratégies des dessinateurs (voir techniques et procédés p 8 et 9)
Développement de l’esprit critique par la rencontre de professionnels et de leur travail (interviews, échanges, débats…)
Création par les élèves de dessins illustrant une thématique en lien avec le projet de classe
Sensibilisation et éducation à vivre-ensemble en démocratie et apprentissage de la citoyenneté

L’enseignant en EMI peut bénéficier de ressources structurées qui lui permettent de se familiariser de manière holistique et globale avec la mise en place concrète d’un projet d’EMI dans son propre contexte.
Ce projet d’EMI est fait dans l’esprit du DIY et SWO :
Le « DO », le « faire », suggère un certain état d’esprit basé sur la pédagogie du projet, propice à l’émergence de l’EMI où le droit à l’erreur est permis, l’entraide est recommandée, la créativité est encouragée.
Le « IT », la tendance, évoque toutes sortes d’exemples de projets d’EMI, situés dans le milieu scolaire ou associatif, réussis car créés dans l’esprit du DO.
Le « YOURSELF », le « soi même », souligne la possibilité offerte de la mise en oeuvre par soi même d’un projet d’EMI dans un contexte précis grâce à l’élaboration d’une feuille de route et l’utilisation ciblée d’outils du Web 2.0.
Le « SHARE », le partage car la mise en place d’un projet d’EMI passe souvent par le collaboratif.

Différentes ressources d’accompagnement pédagogique sont mises à disposition par Cartooning for Peace et leurs partenaires dont le CLEMI et TV5 Monde :

« Dessin de presse et liberté d’expression », Dossier pédagogique Cartooning for Peace (2014) : http://www.cartooningforpeace.org/download/support/20140503-GENEVE-DOSSIER%20PEDAGOGIQUE.pdf

Pearltree du CLEMI sur la liberté d’expression et liberté de presse 2015: http://www.pearltrees.com/t/dossier-jesuischarlie/liberte-presse-expression/id13382591

TV5 Monde propose « La déclaration des Droits de l’homme illustrée par des dessinateurs de Cartooning for Peace » http://www.tv5monde.com/cms/chaine-francophone/cultures/Tous-les-dossiers/La-Declaration-des-Droits-de-l-Homme-illustree/p-19137-La-Declaration-des-Droits-de-l-Homme-illustree.htm
Source: MOOC DIY juin 2015

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La liberté d’expression sur les réseaux sociaux

Cet article est un extrait du texte publié par Bérangère Blondeau et Divina Frau Meigs, les auteurs du MOOC DIY EMI, juin 2015.

En chiffres

La liberté d’expression est impactée par internet et les réseaux sociaux qui désormais sont à traiter come des médias. Les réseaux sociaux font confluer médias papier, audiovisuel et numérique. Cette convergence entraîne des changements irréversibles dans la communication comme dans l’information.

https://wronghands1.wordpress.com/gallery-3/#jp-carousel-1103

De nouveaux entrants de toutes tailles, sans culture médiatique de départ — des spécialistes tout en ligne (pure players) aux jeunes auto-publiants —, viennent transformer la donne. Toutes sortes d’acteurs et d’opérateurs exercent des activités médiatiques ou simili-médiatiques. Ils bousculent les codes pré-numériques, en s’appuyant sur la structure des réseaux sociaux et sa vision intégrée de la coopération et de la participation des usagers. Ils donnent le sentiment d’une convivialité facile, voire gratuite, qui naturalise les médias, c’est-à-dire les inscrits dans une sorte d’évidence ambiante qui émousse le sens critique.

https://wronghands1.wordpress.com/gallery-3/#jp-carousel-1103

Dans ce contexte de plateformes mondialisées et transfrontières, la liberté d’expression, en principe, s’applique également en ligne. Dans les faits, elle tend à relever d’abord du droit américain qui ne reconnaît pas les mêmes limites historiques que le droit européen ou français (négationnisme, discours de haine, antisémitisme…). Les problèmes sont complexes : la porosité des frontières nationales dans un média transfrontière, la confrontation des différents régimes de droit, les situations inédites ( les blogs sont-ils des médias ?….).

A l’école, l’entrée des médias numériques est facilitée par les usages des jeunes qui naviguent sur toutes sortes de supports facilement accessibles (tablettes, portables, téléphone…). Ils confèrent à toute personne des capacités lui permettant de contrôler la chaîne éditoriale de l’information, de sa production à sa mise en ligne pour diffusion à sa recommandation et reproduction. Elle fait de tout élève un média en puissance à lui tout seul, sinon un journaliste professionnel. La séparation classique en EMI entre le décryptage d’un média et l’expression de l’élève est aussi remise en question et fragilisée.

A l’élève, l’EMI fait comprendre ce qu’est un réseau social, à quoi il ressemble, qui y participe, quel est son fonctionnement, ses règles. Elle donne des clefs de lecture et les moyens de participer, de se protéger et de modifier son comportement sur les réseaux. Il se familiarise aussi au décryptage de l’information en ligne : vérification des sources, modes de référencement et manipulations du

http://www.cemea.asso.fr/Ressources-Expos/IMG/pdf/Expo_Reseaux_Sociaux.pdf

Le rôle de l’enseignant en EMI consiste à accompagner la réflexion critique sur les réseaux sociaux et les plateformes tout autant que sur les organes de presse (identité numérique, expression personnelle en ligne…).Il vise à bien mettre en évidence les mécanismes de décryptage et peut le faire par la formation à l’utilisation des outils et des ressources numériques. L’EMI favorise la sensibilisation aux droits et aux devoirs liés à l’usage de l’internet et des réseaux, qu’il s’agisse de la protection de la vie privée ou du respect de la liberté d’expression.

L’EMI utilise tous les moyens mis à disposition par le Web 2.0 (Pinterest, Instagram, Scoop.it…) pour que les élèves exercent leur liberté d’expression dans des projets dédiés. Il ne faut pas confondre l’usage strict des outils numériques (TIC) au service d’une discipline comme le français, les maths ou histoire et son usage au service du médiatique. La finalité de l’EMI n’est pas l’usage des outils en tant que tels mais l’acquisition de l’esprit critique, la compréhension et la citoyenneté : le médiatique n’est pas soluble dans le numérique même si ce dernier emprunte la plupart de ses codes aux médias. Par exemple, faire une « tweet dictée » en classe de français ne relève d’un projet d’EMI que s’il y a une véritable réflexion sur la communication de l’information par Twitter et le travail collaboratif en ligne enrichi d’une pratique réflexive et critique.

Source: MOOC DIY juin 2015

C’est quoi la liberté d’expression?

A découvrir sous forme de vidéo

La liberté d’expression fait partie des Droits de l’homme dès l’époque des Lumières. En France, elle est présente dans la Déclaration des droits de l’homme de 1789. Elle constitue l’article 19 de la Déclaration universelle des Droits de l’homme de 1948. Elle fait l’objet de l’article 10 de la Déclaration européenne des droits de l’homme en 1950. Elle se décline en plusieurs catégories : liberté d’opinion, la liberté de recevoir ou de communiquer des idées, et plus récemment le droit à l’information.

La liberté d’expression est au fondement de la démocratie parce qu’elle permet à toutes sortes de points de vue pluriels de s’exprimer et qu’elle soutient le discours public contradictoire propre à un gouvernement par le peuple. Elle est fondamentale pour que les citoyens soient éclairés, se fassent leur propre opinion et puissent éventuellement voter et choisir leurs représentants.

Dans ce contexte, la liberté de la presse est absolument indissociable de la liberté d’expression car il s’agit de diffuser les idées le plus amplement possible et de faciliter le pluralisme des opinions. La liberté de la presse s’inscrit dans la loi de 1881 en France. Elle comporte quelques limites, liées au vivre-ensemble et proportionnelles au but poursuivi, dans une marge nationale d’appréciation.

La question des limites à la liberté d’expression est à inscrire dans le contexte politique européen suite à la 2e guerre mondiale. La plupart des pays d’Europe, et la France en particulier, considèrent comme un délit et non comme une opinion : le négationnisme, le racisme, l’antisémitisme et le discours de haine en général ainsi que l’incitation au terrorisme. La loi distingue entre les faits historiques (les génocides par exemple) et les croyances qui relèvent de la sphère privée.
https://www.maif.fr/content/pdf/solutions-educatives/par-thematique/maif-okapi-cahier-liberte-d-expression.pdf

Par contraste, les Etats Unis ne mettent aucune limite à la liberté d’expression, protégée par le premier amendement de la Déclaration des droits (Bill of Rights 1791). Il stipule que le Congrès ne pourra faire aucune loi entravant la liberté de religion, liberté d’expression et de presse. C’est ce régime de liberté d’expression qui prédomine sur les réseaux sociaux et les plateformes commerciales en ligne, majoritairement fréquentés par le grand public et les jeunes en particulier. L’ère numérique favorise la globalisation et la circulation transfrontière des idées et des agissements ce qui est source de confusion.
Eduquer aux médias et à l’information c’est précisément donner des connaissances culturelles et interculturelles, préciser les contextes de l’Expression, analyser les agendas ouverts et cachés des médias, décrypter les sources et se repérer dans les règles de citoyenneté. Dans ce contexte l’EMI est bien un enseignement transversal qui permet d’exercer son sens critique, construire son opinion et agir en citoyen averti. Le « E » de l’EMI prend ainsi toute sa valeur.

L’EMI a un rôle à jouer dans la protection et la promotion de la liberté d’expression à l’école.
Elle aide au décryptage des médias et fait valoir les droits comme les responsabilités de la liberté d’expression exercée à titre personnel ou institutionnel (organes de presse de toutes sortes).
Elle favorise l’expression des élèves et la confrontation des opinions personnelles par la verbalisation des émotions et la justification des prises de position.
L’EMI permet de créer des activités où les jeunes peuvent exprimer leurs représentations et leurs idées dans le cadre d’un projet et se mesurer aux limites et aux potentialités de la liberté d’expression.

Cette démarche s’inscrit dans la pédagogie active de Célestin Freinet pour qui la prise en main des outils permettait aux élèves de bâtir leur conscience citoyenne et constituait ainsi des ateliers de démocratie. A l’école elle s’est traduite par la mise en place concrète de supports d’expression des élèves, soit à l’occasion d’un projet de classe ou d’établissement, soit sous la forme d’un produit médiatique installé, officiel et respectueux de la liberté d’expression des élèves comme un journal collégien ou lycéen. Dans ce contexte, le CLEMI s’est vu octroyé le dépôt pédagogique de ces productions et la médiation en cas de litige ou de problèmes.
http://clemi.fr/fr/productions-des-eleves/journaux-scolaires/revues-annuelles-de-la-presse-scolaire-et-lyceenne/

Eduquer aux médias et à l’information met en œuvre la liberté d’expression dans des projets qui allient la créativité et la citoyenneté. Le rôle de l’enseignant ou de l’adulte référent consiste entre autres à :
transmettre les valeurs de la République : les différents textes de loi et déclarations des droits doivent être présentés et illustrés dans des situations concrètes d’éducation civique (débats, lectures, jeux de rôle…).
accompagner les élèves dans leurs cheminements tout au long de leur « devenir citoyen » : les différents projets d’EMI mettent en place généralement l’esprit critique, la compréhension, la créativité et visent à susciter leur motivation et leur engagement (presse scolaire et lycéenne, radio, blog, histoires digitales/ story telling, posters, écriture en ligne sur les réseaux…)

Propositions pour en débattre et pour la mise en œuvre dans et hors l’école :
Jets d’encre a publié deux kits pour leur 10 ans : « Liberté d’expression » et « Créer son journal »

http://www.jetsdencre.asso.fr/2004-2014-nos-10-ans/

http://www.jetsdencre.asso.fr/2004-2014-nos-10-ans/

Pearltree du CLEMI recensant l’expérience des Web docs et leur utilisation dans la classe : http://www.pearltrees.com/clemi_mediadoc/se-plonger-webdoc/id13570192

Vidéo sur le projet Photo de classe voir ici

Source: MOOC DIY EMI juin 2015, Bérangère Blondeau et Divina Frau Meigs